Les Aiguilles d'Arves font partie de ces sommets références,
visibles de tous les massifs. Les occasions de s'extasier sur leurs
silhouettes élancées, inaccessibles, ne manquent donc
pas. Inaccessibles ? A voir…
Quelques
années plus tôt, la Tête de Chat – son "oreille"
S du moins - s'était gentiment offerte à moi sans trop
de résistance. Suite logique, je m'attaquais aujourd'hui à
la Centrale, avec humilité mais confiance. Après tout,
les topos ne la donnaient que PD…
Les choses
sérieuses débutent au col des Aiguilles d'Arves, à
partir duquel on attaque la vire diagonale facile qui raye la face
E. Elle débouche sur l'arête SE où la vue sur
la Méridionale est particulièrement saisissante. Au-delà,
on vire à droite, sur l'arête SE. L'itinéraire
mérite de l'attention sans être réellement dangereux,
excepté dans deux passages clés. Le premier, sur une
vire horizontale, nécessite de se glisser tant bien que mal
(au diable l'esthétisme !), sous un gros bloc déversant.
En solo, un minimum de sang froid est requis... Le second, c'est le
ressaut sommital, qu'on peut prendre de face en adhérence,
pour éviter le contournement par la droite, un peu trop gazeux.
Au sommet se partagent incrédulité, jubilation, extase
mais aussi tristesse de voir le mythe se briser, presque trop facilement...
Enthousiasmé
par ma première ascension, je décidais d'y retourner
dès l'année suivante avec mon père, qui jettera
l'éponge après la grande vire. Dommage, ça commençait
juste à devenir intéressant… Je finissais seul,
une fois encore, en savourant chaque petit pas, l'effet de surprise
en moins.
Prochaine étape, la Méridionale, qui complétera
le tableau. Mais c'est pas demain la veille…