En
ce début 2000, je suis en manque de haute montagne plus tôt
qu'à l'habitude. Le beau plateau du Trient devrait me rassasier…
De Champex,
je monte rapidement sur la piste forestière tassée par
les dameuses jusqu'à la haute croix en bois des Grands Plans.
Au-delà, ça se complique. Il faut tirer à flanc,
en coupant d'innombrables couloirs d'avalanches, dans une soupe immonde
compte tenu de l'exposition et de l'heure tardive. Autant de montées
et de descentes, immergé jusqu'au nombril, qui me tuent les
cuisses et me trempent jusqu'à l'os. Sans compter les risques
de coulées… A la nuit tombante, j'arrive enfin à
la cabane, vidé. Pour me réchauffer, je tente de faire
du feu mais, faute de tirage, ne réussis qu'à enfumer
le refuge. Il y a des jours comme ça…
Le lendemain,
je démarre pèpère au lever du soleil. Aujourd'hui,
c'est balade. Je longe la face N du Portalet, contourne les Dorées
et rejoins le col du Tour. J'enchaîne sur Tête Blanche
et la Petite Fourche. Puis je traverse à nouveau le plateau
pour récupérer les affaires dont je m'étais délesté
et rendre visite à la cabane du Trient. Un dernier effort m'amène
à la Pointe d'Orny, magnifique belvédère de par
sa position centrale. Enfin, c'est la descente du glacier du Trient.
La providentielle petite brèche du col des Ecandies permet
de replonger sur le beau Val d'Arpette et de boucler la boucle. Une
course qui sent bon le printemps…