Il fallait en finir avec ce Viso qui, dès qu'on s'élève
un tant soit peu, vous nargue tout là-bas, loin au Sud, dépassant
de près de 800m tous ses proches voisins, véritable
île dans l'océan du Queyras… Ile déserte
? Sans doute pas ! Ile mystérieuse ? Elle n'allait pas le rester
longtemps. A l'assaut !
Première
surprise en arrivant à la Roche Ecroulée : route barrée,
pas de navette… J'espérais au moins tirer jusqu'au belvédère
en voiture. Bonjour la marche d'approche !
Au col de la Traversette, un petit tunnel, à l'image de celui
du Rocher du Vent, dans le Beaufortain, permet de passer versant italien.
Je m'active pour arriver à une heure décente au refuge,
avant le coup de feu du souper. A mon arrivée, je suis accueilli
par des bétonneuses, des échaffaudages, et des groupes
électrogènes tonitruants. Sans compter une foule bigarrée
non moins tonitruante, excitée par les odeurs de bouffe (des
pâtes, sûrement…).
Le lendemain, après le petit passage câblé des
Sagnettes, je monte dans la face S caillouteuse puis rocheuse, de
marques jaunes en marques jaunes, sur une trace toujours évidente.
On met parfois les mains. Rien de bien méchant. Le sommet est
vite là, dominant tout, loin de tout. Sauf de ces envahissants
transalpins, mais après tout, ils sont chez eux...
Au retour, je coupe par l'esthétique col du Couloir du Porc,
câblé lui aussi, qui domine le refuge Giacoletti, évitant
ainsi le grand détour par la Traversette. Au col, revoilà
la France. Je plonge sur le refuge du Viso, quatrième refuge
de la boucle. Enfin, c'est l'interminable, l'inhumain retour au parking
de la Roche Ecroulée. Argh !
Le Viso par la France ? Ça se fait. Mais pas tous les jours...