Grand
Muveran, Grand Muveran… ça ne serait pas sur le chemin
du Lagginhorn par hasard ? Qu'à cela ne tienne ! Parti d'Ovronnaz
au petit jour, un agréable sentier navigue à travers
bois, torrents et alpages, humides de rosée, jusqu'à
la cabane Rambert. Quelques signes de vie à l'intérieur.
Ça se réveille à peine. Et dire que ça
fait 5h que je suis debout… Après la cabane, cheminées,
vires et couloirs, faciles mais spectaculaires, se succèdent
jusqu'au sommet de ce Grand Muveran qui, en définitive, méritait
bien le détour. La montée s'est faite à 100 à
l'heure, la descente se fera en un éclair. C'est la grande
forme ! Deux petites heures de trajet, un téléphérique
et trois cents mètres de dénivelé plus tard et
je savoure un repos bien mérité au refuge du Weissmies,
quelque peu surpeuplé malheureusement. On en regretterait presque
le Muveran…
Le lendemain,
les deux tiers des frontales partent pour le Weissmies, le reste monte
droit sur le Lagginhorn. A l'économie, après les efforts
de la veille, j'atteins le glacier, qui se traverse en écharpe
vers la gauche pour rejoindre l'arête O. Cette large arête
n'est qu'un amas de gros blocs qui va en s'effilant, dans du rocher
plus compact. Une courte pente de neige dure mène ensuite rapidement
à la croix sommitale. Le soleil se lève. Plus mobile,
j'ai laissé toutes les lourdes cordées derrière
moi. Toutes sauf une, qui me gâche le sommet. Il faut se contorsionner,
l'air de rien, pour tenter de prendre quelques photos vierges de toute
présence humaine.
J'entame enfin la descente, face aux Mischabel. Contemplation... Au
refuge, on s'affaire. C'est l'heure du grand nettoyage. La Jagigrat,
qui surplombe la cabane, vire à l'orange vif. Ça sent
déjà la fin de saison, il faut se faire une raison…